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La musculature des seniors

Les personnes âgées ont tendance à perdre de la fonctionnalité musculaire en termes de force, volume, coordina-
tion et rapidité de contraction. Le tout est imputable à une sélectivité affaiblie des fibres anaérobiques, au profit
d’une relative conservation des fibres aérobiques. Ceci tend à réduire l’aptitude du muscle à produire du nouveau
matériau protéique en remplacement de celui qui a été perdu.
Ce scénario est encore plus vrai pour les individus physiquement inactifs. Il a été réellement démontré que l’absence
d’activité sportive conduit à une aggravation ultérieure, soit pour ce qui est de la capacité locomotrice, soit pour ce qui concerne la possibilité de faire front efficacement à la perte de tissu musculaire. Les causes sont multiples et pas
vraiment claires. Il est cependant évident que suivre un programme d’en-traînement avec des poids, non seulement est sans danger pour la personne âgée, mais améliore ses paramètres musculaires.
Le body building met en action de façon particulière les fibres FT ou anaérobiques, lesquelles sont responsables
d’une bonne fonctionnalité du muscle.
Les personnes âgées verront alors la récupération des valeurs perdues comme la force, la rapidité de contraction, la coordination des mouvements et les volumes, le tout allant bien sûr vers une vie sociale indépendante. Par un entraînement similaire, la musculature freinera la perte protéique, différant d’autant le temps de la déchéance
physique. Les personnes inactives et âgées perdent souvent plus rapidement leur propre autonomie motrice par rap-
port à leur réelle capacité de travail.
Avec un entraînement régulier, on peut allonger la durée du bien-être des seniors avec, en outre, la récupération
d’un rapport satisfaisant entre les divers types de fibres musculaires. Pour conclure, nous répéterons qu’une
bonne musculature jointe à l’efficacité motrice est, indépendamment du sexe, directement proportionnelle au taux de survie des personnes.

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Différences entre hommes et femmes

Il existe de petites différences entre la structure des fibres chez les hommes et les femmes. Chez les femmes, les cellules musculaires de type ST ou aérobiques sont plus volumineuses que chez les hommes. Au contraire, chez ces derniers, les fibres anaérobiques ou FT montrent un diamètre supérieur à celles des femmes. Il s’agit là d’une donnée
importante.

L’entraînement typique avec des masses apportera difficilement un volume très visible chez les femmes puisque, justement, leurs cellules musculaires responsables en particulier du mode d’accroissement des volumes des faisceaux contractiles, les fibres blanches ou anaérobiques, sont de moindre taille. Les femmes ne doivent pas redouter le body building. Comme nous l’avons déjà dit, à poids corporel égal et sur des caractéristiques déterminées, la femme est en mesure d’exprimer les mêmes valeurs de force que l’homme.
Nous pouvons pourtant identifier des zones corporelles pauvres spécifiques à la femme qui dépendent beaucoup de leur style de vie active et sociale, de l’âge et du poids corporel. Ces zones sont les mêmes que celles qui sont aussi le siège préférentiel des dépôts de tissu adipeux: arrière du bras, ventre et hanches, intérieur et extérieur des cuisses. Au contraire, les endroits où un muscle non tonique altère la silhouette féminine, car les tissus limitrophes ne sont plus ancrés efficacement à la zone contractile, sont les fesses, l’abdomen (le ventre) et le grand pectoral sur
lequel s’attache le sein.
Ce cadre général ne doit pas conduire à l’erreur de focaliser l’entraînement sur ces zones mais, au contraire, il faudra
les faire travailler dans une optique globale, sinon on n’aura guère de résultats. Il ne faut pas travailler plus mais mieux! La femme est moins disposée à tomber dans le piège du surentraînement parce qu’elle est plus résistante à la fatigue; à ce jour, les causes exactes de ce phénomène ne sont pas encore complètement éclaircies.
En ce qui concerne l’apparition de dommages spécifiques aux muscles et aux articulations provoqués par une séance
d’entraînement, les quelques études qui sont jointes à notre conclusion n’en montrent pas l’évidence et n’apportent
pas d’éléments permettant d’affirmer que le sexe féminin a plus de probabilité d’être touché par cette pathologie.
L’unique point à souligner concerne les temps de récupération d’un accident, étant donné que les femmes présentent
la possibilité de récupérer plus rapidement, toujours d’après ce qui ressort de la littérature scientifique. Citons une autre différence: la question de la température corporelle de la femme, à la suite d’un entraînement, montre des
valeurs plus basses que celles de l’homme.
Concluons avec une autre petite différence: après une période de detraining – ou désentraînement -, les femmes perdent plus rapidement les gains en terme de force et, par suite, la coordination. Là aussi, sur ce point, nous
ne pouvons pour le moment que faire des hypothèses.

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Les contractions

Comme il a déjà été souligné, le muscle est en mesure de s’exprimer au moyen de différents types de contractions:  le muscle se raccourcit: contraction concentrique; le muscle s’allonge: contraction excentrique; le muscle ne subit aucune modification, ni en longueur ni dans sa contraction isométrique.
Prenons encore comme exemple le biceps brachial, c’est-à-dire la zone musculaire du bras en position avant.
Quand nous devons soulever un poids en pliant le coude, le biceps est en phase de raccourcissement; dans ce cas, on a effectué une contraction concentrique.

Si par la suite on déplie le coude, c’est-à-dire l’action contraire à la précédente, le biceps subira un allongement de ses
fibres; cette détente se définit comme contraction excentrique.
Quand, au contraire, on tient la position du muscle, pour exécuter un travail, par exemple avec un verre à la main, on se trouve en présence d’une contraction isométrique.
Dans le premier cas, les fibres musculaires se raccourcissent ; dans le second, elles s’allongent comme un élastique
tandis que, avec la contraction isométrique, la cellule ne se raccourcit pas ni ne s’allonge, mais tient la position voulue pendant toute la durée de l’exercice.
Pour encore mieux comprendre le concept de contraction isométrique, imaginez que vous voulez pousser un mur
avec les mains. Comme la paroi ne se déplace pas. la musculature ne change pas de dimension puisque il n’y a pas de
mouvement.
Laquelle de ces contractions peut montrer une plus forte démonstration de force?
C’est très certainement la contraction excentrique lorsque la musculature subit un allongement.
La force qu’une zone est en mesure d’exprimer est la somme du travail actif du tissu contractile et du travail passif du tissu connectival. Quand une fibre s’allonge, elle exploite dans une grande mesure la capacité du matériel connectival à participer à la production de force. Prenons l’exemple d’un élastique: quand on le tend, la tension nécessaire est plus importante que celle qu’il faut pour le raccourcir.
Le même concept est applicable à la contraction excentrique.
Pendant le travail concentrique où le muscle se raccourcit, les valeurs de forces exprimées sont réduites si on les compare à celles de l’allongement. Il est plus facile de ralentir la chute d’une masse lourde, plutôt que de soulever le même poids avec souplesse. En ce qui concerne la contraction isométrique, la force exprimable est un moyen terme entre les deux typologies de travail et dépend, naturellement, de la longueur du muscle qu’on est en train de faire travailler.

 

 

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Distinguons les fibres musculaires

Sous le sarcolemme se trouve la fibre musculaire qui est à l’origine de notre indépendance locomotrice. À l’intérieur de chaque simple fibre on peut voir des milliers de filaments protéiques qui s’agencent sur toute la longueur de la cellule dans le sens longitudinal. Ces « spaghetti » protéiques, dénommés myofilaments ou myofibrilles, sont immergés dans une substance liquide qui s’appelle sarcoplame. Imaginez maintenant une marmite pleine d’eau avec des spaghetti disposés horizontalement les uns au-dessus des autres jusqu’au bord. Ces filaments sont constitués d’un grand nombre de protéines, eux-mêmes constitués d’acides aminés. Faites encore un effort d’imagination: on peut représenter les filaments protéiques comme une quantité de petites briques mises l’une devant l’autre de façon à former une rangée assez longue; les acides aminés sont le matériau avec lequel on construit la brique. Les myofilaments peuvent se raccourcir, maintenir la position initiale ou s’allonger: dans chacun de ces cas, il y a production de force musculaire.
Les protéines seront au contraire employées comme source d’énergie seulement en cas de nécessité d’un effort prolongé ou s’il y a un empêchement pour recourir aux sucres et aux graisses en quantité suffisante.
Il subsiste une différence fondamentale en termes de temps pour avoir recours aux lipides plutôt qu’aux sucres. La quantité de sucre, en fait, est toujours moindre par rapport au stock de graisses et, avec la rapidité même à laquelle arrivent les demandes d’énergie, les stocks sont rapidement épuisés. C’est pour cette raison qu’un entraînement anaérobique est de brève durée par rapporta un marathon au régime purement aérobique.
Lorsqu’on travaille de façon continue sur un faisceau musculaire de manière anaérobique, après deux minutes envi-
ron on doit interrompre la contraction puisque le stock d’énergie et donc de sucre est épuisé. Il faudra se reposer
quelques minutes pour recharger une nouvelle quantité de carburant et reprendre le travail.
Récapitulons ce que nous venons de voir: la fibre musculaire est en mesure de travailler en activité aérobique et anaérobique, en transformant les éléments simples des aliments en énergie contractile. Elle possède une structure capable de brûler ces éléments et de créer ainsi le carburant qui permettra le raccourcissement ou l’allongement de ses fibres protéiques.
Le body building est une activité sportive qui s’inscrit dans un régime anaérobique. De par leur composition
même, les fibres sont plus prédisposées à utiliser soit les sucres soit les lipides. On peut faire alors une grande
distinction (essentielle pour comprendre le concept d’entraînement) entre fibres aérobiques et fibres anaérobiques. Pourtant, il existe probablement une nette prévalence d’un type sur l’autre et, sauf quelques exceptions et, par-dessus tout, dans le cas d’un entraînement suivi et d’autres stimulations qui parviennent au tissu musculaire, le pourcentage de ces deux fibres change. La littérature nous apprend qu’on peut mettre en évidence ainsi une vingtaine de cellules contractiles différentes mais, pour des raisons de simplification et pour rendre plus pratique ce qui est contenu dans ce livre, nous avons choisi d’en distinguer seulement trois.

Classification des muscles squelettiques 

Morphologie: fusiformes; untpermés; bipennes; muftipennés; plats; longs, courts.
Action: agonistes ; antagonistes ; fixateurs ; neutralisateurs ou synergiques.
Localisation: varie en fonction de la région corporelle sur laquelle ils agissent.
Nombre d’articulations concernées: monoarticulaires; biarticulaires; potyarticulaires.
Caractéristique des fibres: blanches ou anaérobies; rouges ou aérobies; mixtes.

Energie et travail

Avant de voir brièvement les différentes contractions musculaires, étudions la nature de l’énergie qui permet à ce mécanisme de fonctionner. L’énergie est fournie par les aliments, lesquels, après divers et multiples passages, sont transformés et arrivent au muscle sous la forme de composants simples: sucres, graisses et protéines. La fibre est en mesure d’évaluer, hiérarchiquement parlant, quels sont les éléments qui devront être utilisés pour produire l’énergie nécessaire à l’exécution du travail musculaire. S’il faut travailler avec une intensité plutôt basse, avec des mouvements lents et si l’oxygène est présent en quantité suffisante, le carburant à employer pourra être fourni en toute tranquillité. Les fibres peuvent utiliser alors ceux des éléments qui demandent le plus de temps pour se transformer en énergie, comme les lipides par exemple. Dans ce cas, on pariera d’activité aérobique et d’endurance.
Si, au contraire, l’activité musculaire demande un gros effort, comme par exemple soulever une charge importante avec une contraction rapide des muscles et une consommation d’oxygène, le carburant nécessaire devra être fourni en un laps de temps assez réduit: ici il faudra utiliser en particulier les sucres, facilement transformables en énergie. L’activité en question est de type anaérobique ou de «résistance training».

Sources d’énergie utilisées par le muscle par ordre d’importance

Travail aérobique (même pendant plusieurs heures):
– lipides ;
– sucres ;
– protéines.

Travail anaérobique (pendant deux minutes au maximum):
– sucres;
– lipides/protéines.

 

Les fibres blanches ou FT
Les fibres musculaires qui intéressent le pratiquant de body building sont celles où la tendance anaérobique domine, où le travail développé par le muscle est exécuté avec une carence en oxygène, exploitant de préférence les sucres. Ces fibres sont appelées fibres blanches ou FT (à contraction rapide). On peut augmenter leur volume jusqu’à 90 % par rapport à leur dimension de départ, grâce à l’entraînement avec les charges.
La force active du muscle, la coordination, la vitesse de contraction et la tonicité dépendent d’elles sans l’ombre d’un doute. Un muscle est tonique s’il est ferme au toucher d’un faisceau contractile. La tonicité permet aux tissus environnants, comme c’est le cas pour les seins des femmes, de maintenir leur propre esthétique. On comprend maintenant les raisons d’inclure dans chaque sport le body building, soit en phase de préparation à une compétition, soit tout simplement en qualité d’amateur, impliquant la prestation d’un muscle.

Les fibres rouges ou ST
L’autre catégorie de fibres est celle qui utilise une bonne partie des lipides dans un régime aérobique, là où la quantité d’oxygène présente ne manque jamais et où l’activité en cours en requiert une faible quantité. On les appelle fibres rouges (à contraction lente). Ce sont des fibres plus minces et avec une quantité protéique interne minorée; elles possèdent en revanche un volume supérieur de matériel corpusculaire et de vaisseaux capillaires.
On enregistre de fait des taux de myoglobme et de mitochondres indubitablement supérieurs si on les compare à ceux de la fibre FT.
Mais que sont la myoglobine et les mitochondres?
La myoglobine est une substance qui transporte l’oxygène, que l’on rencontre uniquement à l’intérieur de la cellule musculaire. Elle est de couleur rouge, d’où son nom de fibre rouge, vue la quantité élevée de cette caractéristique dans la fibre. Elle apporte l’oxygène nécessaire à d’autres structures, ou centrales chimiques, pour brûler les éléments provenant de l’alimentation. Les structures en question sont les mitochondres toujours présents à l’intérieur de la cellule et capables d’exploiter la potentialité de l’oxygène pour produire de l’énergie. Les fibres ST augmentent difficilement de volume de façon évidente, contrairement aux fibres blanches. La force développée est faible mais, par compensation, avec le travail musculaire non engagé, elles sont en mesure de prolonger la contraction pendant assez longtemps et même pendant des heures.
Pour donner un exemple plus évident et compréhensible, on peut regarder le marathonien et le sprinter. Le marathonien doit courir à une vitesse réduite sur une longue distance et pendant plusieurs heures. Le sprinter, au contraire, court à une vitesse soutenue et pendant peu de temps.
La musculature de ces athlètes est surprenante: si les premiers sont très sveltes, les seconds présentent au contraire une charpente musculaire assez développée.
Les marathoniens utilisent de préférence les fibres rouges, peu hypertrophiables, montrant ainsi un volume musculaire réduit; les sprinters, au contraire, recourent à leurs fibres blanches, au diamètre musculaire plus prononcé.

 Les fibres FTA
Le troisième type de fibres est une voie intermédiaire entre les fibres blanches et les rouges, dans lesquelles on peut rencontrer les particularités des deux cellules FTA, mais dans un rapport néanmoins
équilibré.
Revenons à l’exemple des coureurs: ceux du 400 m, avec ou sans haies, ont recours aux fibres FTA. Le physique de
ces athlètes se situe entre celui du marathonien et du sprinter, avec des fibres exploitées en mode aérobique, mais avec une intensité plus élevée, jusqu’à atteindre les limites du mode anaérobique. La durée de leur prestation est en fait plus limitée par rapport aux cellules contractiles purement aérobiques et, en même temps, la force développée est inférieure à celle des fibres nettement anaérobiques.

Typologie des fibres musculaires

Fibres rouges ou ST
– riches en myoglobine et en mitochondres;
– activité aerobique pure;
– nombre de capillaires plus important en nombre absolu.

Fibres intermédiaires ou FTA
– moins riches en myoglobine et mitochondres;
– activité de résistance en majorité aérobique;
– nombre de capillaires intermédiaire.

Fibres blanches ou FT
– absence quasi totale de myoglobine et de mitochondres;
– activité anaérobique pure;
– faible quantité de capillaires.

Le changement de phénotype
La discipline du body building, comme montré à plusieurs reprises, prévoit l’emploi des fibres de type FT mais aussi celles des autres typologies même si dans une moindre mesure. Si le soulevé de poids que vous entreprenez est dominant sur une autre forme de sport, ces dermières peuvent se transformer en fibres anaérobiques ou FT, en en acquérant toutes les caractéristiques et en abandonnant les caractéristiques précédentes. Ce phénomène prend le nom de changement de phénotype. Ainsi, les fibres ST et FTA sont en mesure d’assumer les tâches d’une
cellule FT pure. Le contraire est vrai aussi: ainsi, si l’activité aérobique est dominante comme pratique sportive, quelques fibres blanches se transformeront en rouges. Ce concept est important, parce qu’il signifie qu’un athlète, ou un simple amateur qui pratique un autre sport que le body building, ne doit pas craindre, en faisant de la musculation, de limiter sa musculature avec des changements indésirables au niveau des fibres: la cellule du muscle s’adaptera au stimulus présent prédominant.
Une personne, par exemple, qui suit une préparation seulement de type aérobique et y ajoute l’aide des poids, ne perdra pas les fibres rouges et cela parce que l’activité aérobique en constitue la plus grande partie. Le muscle gagnera ainsi en coordination et en efficacité motrice.

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Le système contractile

Le système contractile est un organisme hautement complexe, capable d’exprimer le travail mécanique ou la force et de s’adapter aux stimuli externes, changeant dans le temps sa structure et sa fonction pour, dans certaines limites et dans une juste proportion, être capable de réparer les cellules endommagées.
La fibre musculaire est un tissu très plastique et jamais inerte, sa composition au cours de la journée ou des mois n’est jamais la même mais renouvelle continuellement ses composants protéiques, lipidiques et glucidiques. La fibre contractiler en plus d’être recouverte par le tissu adjacent, est protégée par une membrane spéciale qui s’appelle le sarcolemme.
Imaginez une toile très fine qui enveloppe délicatement notre corps dans le but non seulement de protéger l’intégrité de la structure, mais aussi de filtrer les substances et les messages arrivant de l’extérieur. En pratique, le sarcolemme évalue ce qui doit passer et ce qui doit rester au dehors, gérant aussi la temporalité de ces événements, ce qui est fondamental pourla survie et le fonctionnement du muscle.
Prenons encore un exemple: imaginons un gendarme dont dépendrait l’écoulement de la circulation, qui chercherait à rendre plus fluide et efficace la masse d’informations qui arrive. Il accepte le passage correct de l’impulsion électrique qui parvient du système nerveux de façon que l’action qui en résulte soit parfaite et ne s’enraille pas. Il collabore à la transmission adéquate de la force produite à l’intérieur de la fibre, faisant le lien entre la cellule et
le tissu adjacent. Comme une caisse de résonance, il facilite le transport de la tension engendrée, accélérant également le phénomène.
En résumé: la cellule crée la force, laquelle arrive à la membrane ou sarcolemme, passant au tissu adjacent et de là
arrive finalement à l’insertion et au point d’origine du muscle, se traduisant alors par le mouvement voulu. Ce mécanisme peut paraître compliqué, tandis qu’en réalité c’est une méthode très rapide et efficace pour produire le mouvement mécanique sans perdre sur le trajet une parcelle de la force générée.

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Le tissu adjacent

Le muscle squelettique est enveloppé et protégé par un matériau élastique, le tissu adjacent, lequel se subdivise en
trois couches spécifiques selon la profondeur prise en considération. Cette enveloppe retient les fibres du muscle,
véhicule les flux sanguin et nerveux et, extrêmement important, confère élasticité au complexe contractile. Sans tissu adjacent nos muscles ne pourraient exprimer les propriétés élastiques indispensables à l’activité quotidienne
et sportive. Elle assure en outre la stabilité en s’attachant aux os à proximité de l’articulation. À l’extrémité du muscle, en fait, le tissu s’épaissit pour former le tendon, qui est la structure la plus dense d’où part le ventre du muscle, ou origine, et où il se termine, ou insertion.

Le tissu adjacent nous surprend encore, grâce à sa fonction élastique qui permet de répartir l’énergie au
cours du travail mécanique : d’une part par une distribution correcte de la force en provenance de la fibre et, d’autre
part, en contribuant indirectement à la production de la force, générant une tension quand le muscle s’allonge.
Il faut garder à l’esprit que, en physique, les termes «tension» et «force» sont synonymes.
Prenons pour exemple les muscles posturaux qui sont ceux de la zone participant au maintien d’une position efficace du corps pendant la marche, ou plus simplement pour rester debout sans bouger, sans trébucher ni tomber, comme le muscle soléaire et les muscles extenseurs du tronc. Ces muscles sont pauvres en matériel protéique, donc avec une quantité de fibres contrôlables moindre et en même temps une quantité de tissu adjacent majorée par rapport aux muscles non posturaux. Dans ce cas, et pour conclure, le tissu adjacent, avec sa capacité, permet à un tel muscle de générer une force suffisante pour soutenir le corps. Le tissu élastique adjacent enveloppe soit tout le muscle dans son ensemble, soit chaque cellule ou fibre.

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Les muscles vus de près

Le corps humain comporte trois différents types de muscles:

  • les muscles lisses involontaires;
  • les muscles striés involontaires;
  • les muscles squelettiques striés volontaires.

L’exemple le plus classique de muscle lisse involontaire est l’intestin qui, grâce à ses mouvements tout à fait indépen-
dants de la conscience, permet le transit des aliments. Le muscle cardiaque ou, dans la terminologie la plus commune, le cœur, est celui qui représente le deuxième groupe de tissu musculaire. Ici aussi les contractions sont involontaires mais sa structure est différente de celle du muscle squelettique.
La troisième catégorie, celle des muscles squelettiques volontaires, est au centre du sujet de ce livre. Nous examinerons donc leur structure et leurs fonctions. Nous soulignons, comme son nom l’indique, leurs liens avec le squelette dans la mesure où le ventre d’un muscle de ce type s’attache à l’intersection du tissu osseux par l’intermédiaire des tendons.
Généralement, le muscle squelettique est un muscle volontaire qui réagit aux ordres provenant de la zone consciente
du cerveau. En réalité, on peut distinguer deux exceptions ; par exemple, un réflexe banal: le marteau que le médecin utilise pour frapper sous notre genou provoque une contraction involontaire du quadriceps et, par suite, un
mouvement du genou. Il s’agit là d’un mouvement réflexe d’un muscle squelettique, mais selon un ordre provenant
du schéma moteur en dehors du contrôle de la volonté.
Tentons maintenant d’imaginer une zone contractile squelettique qui, comme le cœur, travaille sans arrêt toute la journée et, comme la pompe du système circulatoire, le fait toujours sans que nous en ayons conscience:
le muscle du diaphragme. C’est le principal muscle de l’inspiration, qui peut être commandé soit inconsciemment, soit volontairement. Les muscles squelettiques travaillent de concert avec la sphère consciente ou non, soit durant les mouvements quotidiens, soit pendant l’activité sportive. Ils peuvent à la fois être classés selon deux paramètres différents, soit selon la forme sous laquelle ils se présentent, soit, naturellement, selon leur fonction. La forme du faisceau contractile ou morphologie dépend de la distribution de la fibre, du rapport entre fibres contractiles et non contractiles, et du nombre de fibres musculaires qui les compose.

Le muscle squelettique peut concerner une seule articulation avec son travail ou avoir des attaches osseuses, entre deux ou plusieurs articulations à la fois.
On parlera alors respectivement de muscle monoarticulaire, biarticulaire ou polyarticulaire. Le rôle de la musculature est de supporter le corps, de le maintenir dans une position donnée en l’absence de mouvement apparent, et d’assurer une coordination parfaite aux différentes caractéristiques.
Pour continuer la classification, il est possible de subdiviser les muscles selon la seconde composante contractile qui les compose et, dans ce cas, nous devons entrer dans l’anatomie et la physiologie des fibres.

Biceps brachial

Le biceps brachial est facile à voir dans la partie avant du bras – entre épaule et coude – et le deltoïde. Le biceps est un corps fusiforme aux fibres parallèles allongées dans le sens de la longueur et composé de deux faisceaux. Le deltoïde est formé de fibres non parallèles comme les plumes d’un oiseau dont la direction est oblique par rapport à la ligne centrale du muscle lui-môme. On observe, en outre, que le corps musculaire est constitué de trois protubérances, avant, latérale et postérieure. Une morphologie aussi variée donne des caractéristiques différentes. Ainsi, le biceps brachial présentera une rapidité de travail supérieure tandis que le dettoïde pourra maximiser sa force. On peut affirmer qu’à la forme d’un muscle correspond un comportement particulier.

Diverses tâches pour les muscles

Les muscles squelettiques varient également selon les tâches qu’ils ont à accomplir, lesquelles peuvent être exécutées en même temps par le même muscle mais avec des temps d’intervention bien précis sur la base du mouvement qu’ils ont l’intention d’accomplir. Par exemple, le biceps brachial peut assumer plusieurs rôles selon la nécessité du moment. Quand il agit comme acteur principal pour plier le coude, on le dit agoniste. Dans l’action contraire, c’est-à-dire lorsque le coude se déplie sous l’action d’un autre muscle – en l’occurrence le triceps brachial placé dans la région postérieure du bras – le biceps devient alors antagoniste.
Le même biceps peut travailler pour bloquer le coude afin qu’il ne bouge pas, auquel cas, on l’appelle, comme on peut le déduire de la position immobile de l’articulation, muscle fixateur. Quand, enfin, il freine ou supprime un degré de liberté indésirable engendré par l’agoniste ou plus simplement pour rebondir vers une particularité spécifique, il prend le nom de synergique ou neutralisateur.